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Capes histoire-géographie 2007/2008

Le "Grand Hyver" de 1709

 

     Le "Grand Hyver" de 1709 est un hiver exceptionnel. D'abord par les températures.Pendant trois semaines, et  ce à partir du 6 janvier,  elles sont inférieures à 10°C  . Pendant un dizaine de jours, elles oscillent même entre -16°C et -18°C ,à Paris.

   Les conséquences sont multiples. La nature est ravagée. Les arbres, par exemple, sont détruits. C'est le cas des noyers dont on tire l'huile.C'est une catastrophe car une trentaine d'années sont nécessaires pour "faire un arbre". La mort frappe  les hommes à cause du froid et de la faim.Les pertes s'élèvent à près d'un million de personnes.

  Cette crise montre les mécanismes des crises d'Ancien Régime. La "cherté" du pain  due à la mauvaise récolte provoque une sous-alimentation. Les organismes fragiles sont alors touchés par les épidémies.

 Cet exemple peut être utilisé pour les thèmes/sujets suivants:

  • la démographie
    • les crises de subsistances , entre autres, expliquent la forte mortalité  et par la même la médiocre croissance démographique du XVIIe siècle en Europe.
  • Les conditions de vie difficiles
  • Histoire des mentalités
  • la pauvreté
    • les pauvres conjoncturels peuvent apparaître à la suite d'une crise de susbsistances.


La noblesse française ou le devoir de révolte

 

           Arlette Jouanna , Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestion de l' Etat moderne 1559-1661 ,Fayard, 1989, 504 p .

         De 1559 à 1661, une nouvelle forme de gouvernement se met en place en France: l'absolutisme se renforce. Face à ce changement, , qui,selon les nobles, dénature la tradition, il est de leur devoir de se révolter. L'idéal serait , pour la noblesse française, l'établissement d'une monarchie mixte: la souveraineté serait alors  partagée entre le roi, la noblesse et les Etats généraux.

      A partir de 1661, il n'y a plus de révoltes nobiliaires ( à l'exception de celle de 1674). La situation de la noblesse française est sécurisée: les rangs, les préséances, les bienfaits sont codifiés  et hiérarchisés de telle façon qu'il est désormais impossible à un favori de cumuler de manière importante les "bienfaits du roi".


La violence dans la société française du XVIIe siècle

 

      Robert Muchembled dans  La violence au village. XVe-XVIIe siècle ( Brepols, 1989, 419 pages) prend l'exemple du comté d'Artois , entre le XVe siècle et le milieu du XVIIe siècle, comme un modèle général valable pour l'ensemble de la France.

     Il présente une société violente: " (...) le sang coule d'abondance dans toute la société et la violence imprime sa marque sur de nombreux actes de la vie quotidienne" ( p.9). Le port d'arme est généralisé. Il ne se limite pas à la noblesse. D'ailleurs plus de 61% des meurtriers pardonnés par le prince, entre 1356 et 1660, ont commis leur crime avec une arme blanche. Les mobiles sont nombreux: l'honneur (22%), la solidarité avec un individu ( 18%), la question de l'intérêt ( 17%), les jeux et plaisanteries qui tournent mal ( 13%).

    La violence peut apparaître quand le territoire du moi est mis en cause. La barbe définit la caractère de l'homme. La  toucher est une offense. Le 20 janvier 1606, un habitant de Bapaume organise un souper. Philippe d'Authry, bourgeois et soldat de cette ville, "par gaité de coeur, sans aulcune malice" touche la barbe de Nicolas Ferbus, potier. Ce dernier y voit une offense; il  est blessé à mort après s'être battu avec Philippe d'Authry.


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